Repère le retard dès le jour de l'échéance
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Je me souviens de ce mois de janvier avec mon premier locataire à Montpellier, un étudiant super sympa nommé Léo. Le virement n’arrivait pas. Le 5, le 10… le stress qui monte. J’imaginais déjà le pire : des mois de galère, les frais d’avocat… Franchement, j’en dormais plus.
Finalement, c’était juste un bug de sa nouvelle banque. Ouf. Mais cette angoisse m’a fait comprendre une chose : il fallait que je sois préparé au cas où ça arriverait pour de vrai. Un loyer impayé, c’est la hantise de tout bailleur. On se sent vite seul et démuni.
Heureusement, une nouvelle loi est venue (un peu) clarifier les choses. Dans ce guide, je vous détaille la procédure loyer impayé EXACTE à suivre, mise à jour avec la dernière loi. Vous saurez quoi faire, quand le faire, et comment vous protéger, sans jargon juridique.
Étape 1 : Le loyer est en retard, vous faites quoi ? (La phase amiable)
La première chose à faire, c’est de ne pas paniquer. Un simple oubli, ça arrive à tout le monde. Inutile de sortir l’artillerie lourde tout de suite. Le but est de résoudre le problème rapidement et de garder une bonne relation avec votre locataire.
D’abord, un contact informel. Une relance de loyer impayé par SMS ou un petit coup de fil, c’est parfait.
“Salut [Prénom], c’est Guillaume, ton proprio. J’espère que tu vas bien. Je n’ai pas encore reçu le loyer ce mois-ci, est-ce que tout est ok de ton côté ? Tiens-moi au courant.”
C’est simple, non menaçant, et ça ouvre la discussion. Dans 90% des cas, comme avec mon locataire Léo, le problème se règle à ce stade.
Si vous n’avez pas de réponse sous 48h, passez au mail. C’est une première trace écrite, plus formelle. Et si votre locataire reste aux abonnés absents, ne restez pas sans rien faire : voici que faire quand un locataire est injoignable, étape par étape.
Modèle de mail de relance simple :
Objet : Rappel - Loyer du mois de [Mois]
Bonjour [Prénom],
Sauf erreur de ma part, je n’ai pas encore reçu le paiement de ton loyer pour le mois de [Mois] d’un montant de [Montant] €.
Peux-tu vérifier et me faire le virement dès que possible s’il s’agit d’un oubli ?
Tiens-moi informé.
Bien à toi, Guillaume Pons
Gardez une copie de tous ces échanges. Si la situation s’envenime, ces preuves montreront votre bonne foi et vos tentatives de résolution amiable.
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Étape 2 : La discussion ne mène à rien, on passe aux choses sérieuses
Si après une semaine, vous n’avez ni paiement, ni nouvelles, il faut changer de ton. On quitte la phase “pote” pour entrer dans la procédure officielle. C’est chiant, mais indispensable pour vous protéger.
Première arme : la mise en demeure de payer. C’est une lettre envoyée en recommandé avec accusé de réception. Ce n’est plus un simple rappel, c’est un avertissement formel qui a une valeur juridique.
Elle doit contenir des informations précises :
- Vos coordonnées et celles du locataire.
- La mention “Mise en demeure”.
- Le détail de la dette locative (quel mois, quel montant).
- Un délai pour payer (généralement 8 à 15 jours).
- La mention qu’à défaut de paiement, vous engagerez une procédure judiciaire.
⚠️ Attention : C’est une étape cruciale. Si vous devez aller plus loin, le juge vérifiera que vous avez bien tenté de régler ça à l’amiable, et la mise en demeure en est la preuve reine.
Si la mise en demeure reste sans effet, vous devez passer à l’étape suivante, qui est le début de la procédure judiciaire : le commandement de payer par commissaire de justice (le nouveau nom de l’huissier). C’est un acte officiel qui ordonne au locataire de payer sa dette. Ce n’est plus vous qui parlez, c’est la loi.
La nouvelle loi “anti-squat” : ce qui change concrètement pour les loyers impayés
Vous avez sûrement entendu parler de la loi du 27 juillet 2023, souvent appelée “loi anti-squat”. Si elle vise principalement les squatteurs, elle a aussi des conséquences directes sur la procédure loyer impayé. Et pour une fois, c’est plutôt en faveur du bailleur.
Le changement majeur, c’est l’intégration systématique d’une clause résolutoire dans tous les nouveaux baux d’habitation.
Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est une clause qui dit, en gros : “si le locataire ne paie pas son loyer, le bail est automatiquement résilié”. Avant, il fallait l’inclure explicitement. Maintenant, elle est considérée comme présente par défaut, même si elle n’est pas écrite noir sur blanc dans les contrats signés après le 29 juillet 2023.
Concrètement, ça accélère la machine. Une fois que le commissaire de justice a délivré le commandement de payer, le locataire a un nouveau délai de 6 semaines pour régler sa dette (contre 2 mois auparavant). S’il ne le fait pas, vous pouvez saisir le juge pour qu’il “constate” la résiliation du bail et ordonne l’expulsion.
💡 Astuce : Même si la loi rend la clause résolutoire automatique pour les nouveaux baux, vérifiez bien qu’elle est présente dans vos contrats plus anciens. Ça vous simplifiera la vie si vous devez un jour en arriver là.
Mais attention, “plus simple” ne veut pas dire “instantané”. La procédure reste longue. Le but de la loi est de réduire les délais, pas de les supprimer. On parle encore de plusieurs mois.
La procédure judiciaire et l’expulsion : comment ça se passe ?
Si votre locataire n’a pas payé sa dette dans les 6 semaines suivant le commandement de payer, la clause résolutoire est activée. Le bail est techniquement rompu, mais votre locataire est toujours dans les lieux. Il faut maintenant obtenir une décision de justice pour l’expulser. Si vous voulez le détail de cette étape, j’ai consacré un guide entier à la résiliation du bail pour loyer impayé.
Vous allez devoir l’assigner au tribunal. C’est encore le commissaire de justice qui s’en charge. Il va informer le locataire de la date de l’audience. C’est à ce moment-là que le juge va :
- Constater que le bail est bien résilié.
- Ordonner l’expulsion du locataire.
- Le condamner à payer sa dette locative.
Une fois le jugement obtenu, le commissaire de justice délivre un “commandement de quitter les lieux”. Le locataire a alors 2 mois pour partir. S’il ne le fait pas, le commissaire peut demander l’intervention de la force publique.
N’oubliez pas la trêve hivernale. Elle court du 1er novembre au 31 mars de chaque année. Pendant cette période, aucune expulsion ne peut avoir lieu, sauf cas exceptionnels. La procédure peut continuer, vous pouvez obtenir un jugement, mais l’expulsion physique est reportée. C’est un point essentiel à anticiper dans votre calendrier. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter mon guide complet sur le loyer impayé.
Comment vous protéger en amont des loyers impayés ?
La meilleure procédure, c’est celle qu’on n’a jamais à lancer. La clé, c’est la prévention. J’ai appris avec mes locations à Montpellier qu’un bon départ évite 99% des problèmes.
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Un dossier de location en béton : Ne sautez pas cette étape. Fiches de paie, contrat de travail, avis d’imposition… Vérifiez tout. Vous pouvez vous assurer de la solidité du dossier sans pour autant appeler son employeur, ce qui est illégal.
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L’assurance Garantie Loyers Impayés (GLI) : C’est une assurance privée qui vous couvre en cas d’impayés. Elle prend en charge les loyers, les frais de procédure et parfois les dégradations. Ça coûte entre 2,5% et 4% du loyer annuel, mais franchement, la tranquillité d’esprit que ça apporte n’a pas de prix. Je détaille le prix et les conditions d’une assurance loyers impayés dans un guide à part.
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La caution (le garant) : C’est une personne qui s’engage à payer le loyer à la place du locataire s’il ne le fait pas. Ça peut être un proche (garant physique) ou un organisme. Pensez à La Garantie Visale pour les bailleurs, un dispositif d’État gratuit et très efficace pour les locataires éligibles.
En blindant votre dossier dès le départ, vous réduisez drastiquement le risque. C’est un peu de travail en plus, mais ça peut vous éviter des mois, voire des années, de galère. Pensez aussi à bien gérer tout l’administratif, comme la régularisation des charges locatives, pour que tout soit carré.
FAQ sur la procédure de loyer impayé
Qu'est-ce que la nouvelle loi change pour les baux signés avant sa publication ?
Pour les baux signés avant le 29 juillet 2023, la clause résolutoire n'est pas automatique. Elle ne s'applique que si elle était explicitement écrite dans le contrat de location. Si ce n'est pas le cas, la procédure est plus longue car le juge devra d'abord prononcer lui-même la résiliation du bail.Combien de temps dure une procédure d'expulsion pour loyer impayé en 2026 ?
Même avec la nouvelle loi, il faut rester réaliste. Entre la phase amiable, le commandement de payer, l'audience au tribunal et les délais légaux (sans compter la trêve hivernale), une procédure complète dure rarement moins de 6 à 8 mois. Dans les cas complexes, ça peut monter à 18 mois ou plus.Est-ce que je peux changer les serrures si mon locataire ne paie plus ?
NON, JAMAIS ! C'est totalement illégal. Même avec une décision de justice, vous ne pouvez pas vous faire justice vous-même. Changer les serrures est considéré comme une violation de domicile. Vous risquez jusqu'à 3 ans de prison et 30 000 € d'amende. Seul un commissaire de justice peut procéder à l'expulsion.Mon locataire me propose un plan pour rembourser sa dette, dois-je accepter ?
Oui, c'est souvent la meilleure solution pour tout le monde. Un plan d'apurement écrit et signé est préférable à une longue procédure. Proposez un échéancier réaliste (par exemple, la dette étalée sur 6 mois en plus du loyer courant). Ça montre votre volonté de trouver une solution et c'est bien vu par les juges si la situation devait quand même s'envenimer.Quelle est la différence entre une mise en demeure et un commandement de payer ?
La mise en demeure est une lettre que vous envoyez vous-même en recommandé. C'est la dernière étape de la phase amiable, un avertissement formel. Le commandement de payer est un acte juridique officiel, délivré par un commissaire de justice (huissier). Il marque le début de la procédure judiciaire et fait courir les délais légaux.Prêt à reprendre la main sur votre gestion ?
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Guillaume Pons — Bailleur à Montpellier, fondateur de Logio. J’ai créé Logio parce que je gérais mes 3 locations avec des Excel et des mails perdus. Maintenant c’est sous contrôle.
Questions fréquentes
Au bout de combien de jours de retard un loyer est-il considéré comme impayé ?
Cela dépend de la rédaction de votre bail. Juridiquement, le loyer devient exigible à la date stipulée dans le bail (généralement le 1er ou le 5 du mois) et tout retard est techniquement un impayé. Mais en pratique, on parle d'impayé véritable après 8 à 15 jours sans paiement ni explication. Au-delà de 30 jours, vous devez enclencher la procédure formelle. Astuce : prévoyez dans votre bail un délai de tolérance écrit de 5 jours et la date exacte d'exigibilité. Cela facilite la procédure si vous devez passer en justice plus tard et démontre votre équité face au juge.
Qu'apporte concrètement la loi Kasbarian par rapport à l'ancienne procédure ?
Trois changements majeurs depuis juillet 2023 : réduction du délai de 2 mois à 6 semaines après commandement de payer pour activer la clause résolutoire, suppression de l'obligation pour le juge d'accorder automatiquement des délais de paiement (désormais à la demande motivée seulement), et délit pénal créé pour le squat (jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende). Au total, la procédure complète passe d'environ 24 mois à 14-16 mois. C'est une vraie amélioration pour les bailleurs, mais ne dispense pas de la rigueur procédurale (huissier, recommandés horodatés).
Comment l'assurance loyers impayés peut-elle accélérer ou simplifier la procédure ?
L'assurance GLI prend en charge l'intégralité de la procédure judiciaire : conseils juridiques, frais d'huissier, honoraires d'avocat, expertise. Vous n'avancez rien. Surtout, elle vous verse les loyers impayés dès le 2e ou 3e mois de défaillance (selon les contrats), ce qui vous protège du choc de trésorerie. Coût moyen : 2,5 à 4 % du loyer annuel chez Solly Azar, Galian ou Sergic. La Garantie Visale d'Action Logement est l'équivalent gratuit, mais réservée aux locataires éligibles (jeunes, salariés précaires). Pour les autres profils, la GLI privée reste un investissement très rentable.
Le locataire peut-il échapper à l'expulsion en payant juste avant l'audience ?
Oui, c'est possible. Si le locataire règle intégralement sa dette (loyers + charges + intérêts + frais de procédure) avant l'audience devant le juge, la clause résolutoire est neutralisée et le bail se poursuit. Il peut aussi demander des délais de paiement (jusqu'à 36 mois) si sa situation justifie une prise en compte sociale. C'est la grande différence avec une vente forcée : le bail reste réversible jusqu'au dernier moment. Pour les bailleurs, c'est souvent une bonne nouvelle : vous récupérez votre argent sans avoir à relouer et l'historique de la procédure dissuade les futurs retards de paiement.
Que faire si le locataire disparaît sans laisser d'adresse pendant la procédure ?
Vous pouvez saisir le juge par requête en abandon de domicile. La procédure est plus rapide (3 à 5 mois au lieu de 14) mais exige des preuves solides de l'abandon : témoignages des voisins, mails restés sans réponse depuis 60 jours minimum, courriers retournés "n'habite plus à l'adresse indiquée", boîte aux lettres saturée. L'huissier fait un constat de carence, puis le juge peut prononcer la résiliation du bail sans présence du locataire. Conservez les objets personnels 1 mois avant de jeter, c'est obligatoire. Vous pouvez ensuite remettre en location immédiatement après l'EDL de sortie.
Comment prévenir efficacement les loyers impayés dès la sélection du locataire ?
La sélection est le filtre le plus puissant : un bon dossier réduit le risque d'impayé de 80 %. Quatre critères non négociables : revenus nets égaux à 3 fois le loyer, CDI hors période d'essai (ou alternative type fonction publique, retraité, indépendant avec 2 bilans), garant avec revenus 4 fois le loyer ou garantie Visale, dossier complet avec 3 derniers bulletins, avis d'imposition, attestation employeur, RIB et pièce d'identité. Vérifiez systématiquement la véracité des documents (faux bulletins fréquents) via un appel à l'employeur. Logio et plusieurs outils proposent une vérification automatique gratuite.