Le dossier de chaque bien, prêt pour le notaire
La fiche du bien réunit bail, locataire, loyers et documents. Avec Logio Plus, vous transmettez ces pièces au notaire par un lien de 7, 30 ou 90 jours, que vous coupez quand vous voulez.
Bail, locataire, révision de loyer et équipements du bien.
Créer mon compte →Sur votre ordinateur comme sur votre téléphone
100% gratuit · Sans engagement · Données hébergées dans l'Union européenne
Un jour, la question se pose : que deviendra ce bien locatif quand je ne serai plus là, et combien mes enfants paieront-ils pour le recevoir ? Elle arrive souvent tard, alors que les meilleurs outils de transmission demandent du temps.
Cet article est pour vous si vous vous la posez maintenant. Je vais vous poser les trois grandes options (donation, SCI familiale, démembrement), vous montrer leurs vraies différences avec des chiffres, et vous dire par où commencer concrètement sans foncer chez le notaire le lendemain.
Spoiler : il n’y a pas de “meilleure” solution universelle. Le bon choix dépend de la valeur du bien, du nombre d’héritiers, et surtout de ce que vous voulez garder ou lâcher de votre vivant.
Pour aller plus loin · L'avis d'un expert
Et côté fiscalité : LMNP, SCI à l'IR ou à l'IS, location nue ou pro ?
La transmission, c'est le terrain du notaire. Mais en parallèle, le choix du régime fiscal de votre détention (LMNP, SCI IR vs SCI IS, location nue ou pro) pèse souvent plus lourd sur votre impôt que la transmission elle-même. Fabrice Pereira, conseiller en gestion de patrimoine, publie des analyses pédagogiques sur exactement ce sujet : comment optimiser votre IR avec les bons dispositifs fiscaux.
Découvrir Finances & Patrimoine →Cabinet basé en France · Particuliers et bailleurs
Pourquoi anticiper la transmission de son bien locatif ?
Première chose à savoir : si vous ne faites rien, votre bien locatif sera transmis à vos héritiers selon les règles de la succession classique. Et là, ça pique. Au-delà de 100 000 € par enfant (abattement renouvelable tous les 15 ans), les droits grimpent vite : 20 % entre 15 932 € et 552 324 €, puis 30 %, puis 40 %, puis 45 %.
Concrètement, sur un appartement de 250 000 € transmis par un parent à un enfant unique, sans donation antérieure :
- Abattement : 100 000 €
- Base taxable : 150 000 €
- Droits dus : environ 28 200 €
Environ 28 200 € que votre enfant devra régler au dépôt de la déclaration de succession, dans les six mois du décès. Un paiement fractionné ou différé peut être demandé, avec intérêts ; sinon, faute de trésorerie, il devra parfois vendre le bien pour payer les droits. Et là, l’appartement que vous pensiez lui transmettre devient un chèque au fisc.
L’anticipation, c’est exactement ce qui permet d’éviter ce scénario. Et le contexte fiscal n’aide pas à attendre : l’analyse de Fabrice Pereira sur la fiscalité 2025 et l’évolution des impôts rappelle bien pourquoi temporiser est rarement payant.
Trois leviers principaux existent : la donation, la SCI familiale, et le démembrement de propriété. On les passe en revue.
Option 1 : la donation simple (ou la donation-partage)
C’est la solution la plus directe : vous donnez votre bien (en totalité ou en partie) à votre ou vos enfants, de votre vivant, devant notaire.
Ce que ça change :
- Vous utilisez maintenant l’abattement de 100 000 € par enfant, qui se renouvelle tous les 15 ans. Donc si vous donnez à 50 ans, puis à 65 ans, vous pouvez transmettre 200 000 € hors droits par enfant.
- Le bien sort de votre patrimoine immédiatement. Vous n’en êtes plus propriétaire, donc plus de loyers, plus de plus-value, plus rien.
- La donation-partage (entre plusieurs enfants) fige la valeur du bien au jour de la donation : vos enfants ne se disputeront pas plus tard sur la valeur d’évaluation.
Le piège : vous vous dépouillez. Si vous donnez un appartement à 55 ans et que ses loyers vous manquent pour votre retraite à 70 ans, c’est trop tard. C’est pour ça que la donation simple convient plutôt aux bailleurs qui ont du patrimoine ailleurs et qui peuvent se permettre de sortir un bien de leur actif. Avant d’arbitrer, faites le point sur ce que votre bien vous rapporte vraiment : mon guide pour savoir si l’investissement locatif vaut le coup vous aide à objectiver ça.
Option 2 : la SCI familiale
La SCI, c’est ma préférée pour transmettre progressivement un patrimoine locatif. Le principe : vous créez une société civile immobilière, vous y apportez votre bien (ou vous l’achetez via la SCI dès le départ), et vous transmettez ensuite à vos enfants des parts sociales, pas le bien lui-même.
Pourquoi c’est puissant :
- Vous pouvez donner des parts tous les 15 ans, en utilisant à chaque fois l’abattement de 100 000 € par enfant.
- Vous pouvez garder la gérance : vous décidez des locataires, des travaux, des loyers, même si vos enfants détiennent 90 % des parts.
- La valeur des parts est souvent décotée de 10 à 20 % par rapport à la valeur du bien (décote pour absence de marché, illiquidité), ce qui réduit la base taxable.
Le piège : la SCI a un coût (création environ 1 500-2 500 €, comptabilité annuelle environ 500-1 200 €/an) et impose une rigueur de gestion (assemblées annuelles, comptes, déclaration 2072). Si vous ne tenez pas le rythme, vous prenez des risques fiscaux et juridiques sérieux — j’ai détaillé tout ça dans mon guide SCI bailleur : 7 erreurs à éviter. Côté fiscalité courante, n’oubliez pas que la SCI vous oblige à bien déclarer vos revenus fonciers chaque année — l’erreur la plus coûteuse, c’est d’oublier des charges déductibles évidentes.
La SCI est intéressante à partir d’un bien d’une certaine valeur (disons 200 000 € minimum) ou à partir de deux biens locatifs. En dessous, le coût de structure ronge l’optimisation.
Le dossier de votre bien, prêt pour le notaire
Bail, loyers, charges, diagnostics et factures de travaux, rangés par bien dans Logio, gratuitement. Logio Plus, en option, transmet ces pièces au notaire par un lien de 7, 30 ou 90 jours, et rédige le PV d'assemblée générale de votre SCI.
100% gratuit • Sans engagement • Données hébergées dans l'Union européenne.
Option 3 : le démembrement de propriété
Là on entre dans une mécanique un peu plus sophistiquée, mais très efficace. Le démembrement, c’est séparer la propriété en deux :
- La nue-propriété (le droit de disposer du bien — le revendre, le donner)
- L’usufruit (le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus — donc les loyers)
Le scénario type : vous donnez la nue-propriété à vos enfants et vous gardez l’usufruit. Résultat :
- Vous continuez à percevoir les loyers jusqu’à votre décès — donc vous ne vous dépouillez pas.
- Vos enfants deviennent automatiquement pleins propriétaires à votre décès, sans payer un centime de droits de succession sur la valeur de l’usufruit qui s’éteint.
- La base taxable au moment de la donation est réduite : sur un bien de 250 000 € donné quand vous avez 65 ans, la nue-propriété ne vaut que 60 % de la pleine propriété (barème de l’article 669 du Code général des impôts). Vous transmettez donc 150 000 € au lieu de 250 000 €. À 60 ans, elle ne vaut que 50 % : plus tôt vous donnez, plus la base est faible.
Le piège : c’est techniquement complexe, ça nécessite un acte notarié, et il faut bien rédiger la convention de démembrement (qui paie les gros travaux ? qui décide d’un changement de locataire ?). Mal monté, le démembrement crée des conflits familiaux durs à dénouer.
Comparatif rapide des trois options
- Donation simple : un acte notarié. Vous ne gardez ni le contrôle ni les loyers. La base taxable est réduite par l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant. Idéale pour un bien isolé, quand le reste de votre patrimoine suffit.
- SCI familiale : la création de la société, puis des comptes chaque année. Vous gardez la main si vous êtes gérant, et les loyers suivent la répartition des parts. La base est réduite par l’abattement, et parfois par une décote sur la valeur des parts. Idéale pour plusieurs biens et une transmission progressive.
- Démembrement : un acte notarié, plus technique. Vous gardez l’usufruit, donc les loyers. La base est réduite au barème de la nue-propriété, puis par l’abattement. Idéal pour garder vos revenus tout en préparant la suite.
Par où commencer concrètement ?
C’est typiquement le genre de décision où une vision patrimoniale globale fait la différence : la transmission ne se pense jamais isolément, mais en relation avec vos autres actifs, votre retraite, et la situation de votre conjoint. Voici la séquence que je recommande à tout bailleur qui veut sérieusement attaquer le sujet :
1. Faites l’inventaire de votre patrimoine. Valeur estimée du bien, montant restant de l’emprunt, loyers nets perçus, charges annuelles. Vous ne pouvez rien décider sans ces chiffres. Si vous utilisez Logio, vous avez déjà l’historique des loyers et des charges sous la main — exportable en deux clics.
2. Clarifiez votre situation familiale. Combien d’enfants ? Y a-t-il un conjoint à protéger ? Des enfants d’une première union ? La fiscalité dépend de la composition de la famille, et les enjeux émotionnels aussi.
3. Définissez ce que vous voulez garder. Le contrôle ? Les revenus ? La sécurité d’avoir de quoi vivre votre retraite ? C’est cette question qui oriente le choix vers l’une ou l’autre des trois options.
4. Prenez rendez-vous avec un notaire — et idéalement aussi avec un conseiller fiscal. Et là, je suis très clair : ne faites pas ça tout seul. Pour l’acte de transmission lui-même (donation, démembrement, statuts de SCI), c’est le notaire qui pilote — c’est son métier, et une erreur peut coûter des dizaines de milliers d’euros de droits, ou un conflit familial durable. En parallèle, un conseiller en gestion de patrimoine est précieux pour le volet fiscal de votre détention : LMNP, SCI à l’IR ou à l’IS, location nue ou pro, et plus largement comment optimiser votre IR avec les dispositifs fiscaux disponibles. Pour ma part, je travaille régulièrement la partie fiscale avec Fabrice Pereira, conseiller en gestion de patrimoine, qui couvre exactement ce périmètre. Le notaire acte, le conseiller fiscal optimise — les deux sont complémentaires.
5. Anticipez sur 10 à 15 ans, pas sur 3 mois. Les meilleures stratégies de transmission (donations échelonnées, SCI familiale alimentée par tranches) supposent du temps. Si vous commencez à 55 ans pour transmettre à 70 ans, vous avez toutes les cartes en main. À 78 ans, vos options se réduisent.
Ce qu’il faut retenir
- Sans anticipation, votre bien locatif sera lourdement taxé à la succession (jusqu’à 45 % au-delà des seuils).
- Donation simple = solution directe, mais vous vous dépouillez.
- SCI familiale = transmission progressive, vous gardez la main, idéale dès 2 biens ou plus.
- Démembrement = vous gardez les loyers, vos enfants héritent sans droits sur l’usufruit.
- Aucune solution n’est universelle : tout dépend de la valeur du bien, du nombre d’héritiers, et de ce que vous voulez conserver de votre vivant.
- Notaire pour l’acte de transmission, conseiller fiscal pour optimiser votre détention (LMNP, SCI IR/IS, nu/pro). Les deux jouent un rôle distinct et complémentaire.
Et en attendant de prendre rendez-vous : assurez-vous déjà d’avoir un suivi propre de vos loyers, charges et justificatifs. C’est la base de toute discussion sérieuse avec un conseiller. Pour vous éviter Excel et les classeurs poussiéreux, je vous ai construit Logio : gratuit, sans limite de biens, avec le dossier de chaque bien rangé au même endroit. Et si un jour une vente se prépare, notre guide du congé pour vendre vous dit quand et comment prévenir le locataire.
Guillaume Pons — bailleur à Montpellier et créateur de Logio. J’ai créé Logio pour simplifier la gestion locative des propriétaires qui gèrent seuls. Je ne suis ni avocat ni notaire : cet article reflète ma compréhension des textes au 13 octobre 2026.
Questions fréquentes
À quel âge faut-il commencer à préparer la transmission de son bien locatif ?
Idéalement entre 55 et 65 ans. C'est l'âge où l'on a encore le temps d'utiliser l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, qui se renouvelle tous les 15 ans, et où les options les plus puissantes (donation-partage avec démembrement, SCI familiale alimentée par tranches) gardent toute leur efficacité. Au-delà de 70 ans, le barème de la nue-propriété devient moins favorable et certaines options deviennent inaccessibles.
Peut-on transmettre un bien locatif sans payer aucun droit de succession ?
Oui, si la valeur transmise reste sous les abattements. Chaque parent dispose de 100 000 € par enfant, renouvelables tous les 15 ans. Exemple : un couple de 60 ans donne ensemble à son enfant unique la nue-propriété d'un bien de 250 000 €. À cet âge, la nue-propriété vaut 50 % de la pleine propriété, soit 125 000 €, et chaque parent en donne la moitié : 62 500 €, sous son abattement. Aucun droit n'est dû. Un parent seul dans la même situation transmet 125 000 € : 25 000 € restent taxables, soit environ 3 200 € de droits.
SCI familiale ou démembrement de propriété : quel est le plus avantageux ?
Cela dépend de votre objectif. Le démembrement est plus simple et vous laisse percevoir les loyers à vie — idéal pour un bien unique. La SCI familiale est plus adaptée à un patrimoine de plusieurs biens, à une transmission progressive sur 20 à 30 ans, ou si vous voulez garder le contrôle des décisions (locataires, travaux). Les deux peuvent se combiner : démembrer les parts d'une SCI cumule les deux optimisations.
Combien coûte la création d'une SCI familiale en 2026 ?
Cela dépend de qui rédige les statuts. Les frais obligatoires, annonce légale et immatriculation, représentent quelques centaines d'euros ; s'y ajoutent la rédaction des statuts si vous la confiez à un professionnel, et l'acte notarié si vous apportez un bien déjà détenu. Comptez ensuite chaque année la comptabilité, si vous la confiez à un expert-comptable. La SCI se justifie mieux avec plusieurs biens ou plusieurs associés : en dessous, le coût de structure peut manger l'avantage espéré.
Que se passe-t-il si je donne la nue-propriété puis que je veux récupérer le bien ?
Vous ne pouvez pas. La donation entre vifs est irrévocable (article 894 du Code civil), sauf cas limités prévus par la loi, comme l'ingratitude du donataire ou l'inexécution des charges. C'est exactement le risque du démembrement : vous vous dépouillez définitivement de la nue-propriété, et vous ne récupérez que l'usufruit (les loyers). Si vous voulez préserver une porte de sortie, mieux vaut passer par une SCI familiale où vous pouvez théoriquement racheter les parts à vos enfants — mais cela suppose qu'ils acceptent.
Quels documents préparer avant un rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine ?
Trois familles de documents : (1) les biens — titres de propriété, dernière estimation, capital restant dû sur l'emprunt, baux en cours ; (2) les revenus locatifs — historique des loyers encaissés sur 3 ans, déclarations 2044 ou 2042 C-PRO ; (3) la situation familiale — livret de famille, contrats de mariage, donations déjà effectuées. Dans Logio, le bilan fiscal de l'année se télécharge en PDF, et les documents sont rangés bien par bien.