Votre rentabilité nette, recalculée en continu
Logio suit chaque loyer encaissé et chaque charge saisie pour tenir votre rendement net à jour, mois après mois. Vous voyez la dérive par rapport à votre simulation initiale sans ressortir Excel.
Recettes, charges déductibles et résultat foncier net.
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Vous savez comment je me suis pris une claque sur mon premier appartement locatif ? J’avais fait un calcul de rentabilité brute, vu 6,5 %, et signé deux semaines plus tard. Deux ans plus tard, en faisant les vrais comptes, j’étais à 2,8 % net-net, avec un cashflow mensuel de −180 €. Pas catastrophique, mais loin de mes projections initiales.
L’erreur n’était pas dans le calcul brut — il était juste. L’erreur, c’était de croire qu’un seul chiffre pouvait répondre à la question « est-ce que ce bien vaut le coup ? ». Un investissement locatif se mesure avec 5 indicateurs complémentaires, et chacun raconte une partie différente de l’histoire.
Ce guide vous donne les formules, les exemples chiffrés sur un cas réaliste, les 5 erreurs qui faussent les calculs des primo-investisseurs, et vous montre comment continuer à mesurer le rendement réel mois après mois, une fois propriétaire. Si c’est votre toute première opération, commencez plutôt par mon guide du premier investissement locatif pour débutant, qui pose les bases avant d’entrer dans les chiffres.
Pourquoi 3 rendements valent mieux qu’un seul
Le rendement locatif, ce n’est pas un chiffre, c’est une série de chiffres. Quand un agent immobilier vous vend un bien à « 6 % de rentabilité », posez toujours la question : 6 % de quoi exactement ? La plupart du temps, c’est du brut, et c’est l’indicateur qui se dégrade le plus une fois sur le terrain.
Voici les 3 niveaux de rendement, du plus optimiste au plus réaliste :
- Rendement brut — la photo marketing. Loyer annuel ÷ prix d’achat.
- Rendement net — la photo opérationnelle. On enlève les charges et on ajoute les frais de notaire au coût d’acquisition.
- Rendement net-net — la photo après impôts. On retire les prélèvements sociaux (17,2 %) qui s’appliquent aux revenus fonciers.
Et à côté des rendements, deux autres indicateurs qui mesurent votre trésorerie réelle et ce que vous construisez comme patrimoine :
- Cashflow mensuel — ce qu’il reste vraiment sur votre compte chaque mois, crédit déduit.
- Enrichissement patrimonial — combien vous vous enrichissez chaque année, en cumulant le capital remboursé et le cashflow.
Le piège classique du primo-investisseur, c’est de s’arrêter au brut. Le piège du bailleur expérimenté, c’est de ne regarder que le cashflow. La bonne pratique, c’est de regarder les 5 ensemble.
Rendement brut : la formule à 30 secondes
C’est le calcul le plus connu, et le plus simple :
Rendement brut = (loyer mensuel × 12) ÷ prix d’achat × 100
Exemple sur un studio acheté 200 000 €, loué 850 €/mois hors charges :
(850 × 12) ÷ 200 000 × 100 = 5,1 % brut
C’est utile pour filtrer rapidement plusieurs biens d’une annonce immobilière. Si votre seuil de filtrage est 5 %, vous pouvez écarter immédiatement les biens en dessous. Mais c’est tout : aucun investisseur sérieux n’arrête sa décision sur le brut.
Ce que le brut ignore complètement :
- les charges annuelles : taxe foncière, assurance PNO, charges de copro non récupérables, frais de gestion, travaux courants
- les frais de notaire (7-8 % dans l’ancien, 2-3 % dans le neuf)
- la fiscalité : prélèvements sociaux et impôt sur le revenu sur les revenus fonciers
- la vacance locative : un mois sans locataire dans l’année, c’est 8 % de revenus en moins
Sur un bien moyen, le passage du brut au net fait perdre 1 à 2,5 points. Un bien affichant 7 % brut tombe souvent autour de 5 % net.
Rendement net : ce qui change avec les charges réelles
Le rendement net intègre les charges réelles du propriétaire et inclut les frais de notaire dans le coût d’acquisition :
Rendement net = ((loyer × 12) − charges annuelles) ÷ (prix d’achat + frais de notaire) × 100
Reprenons notre studio à 200 000 € loué 850 €/mois, avec 1 500 €/an de charges (taxe foncière, PNO, charges de copro non récupérables, petits travaux) et 16 000 € de frais de notaire :
((850 × 12) − 1 500) ÷ (200 000 + 16 000) × 100 = (10 200 − 1 500) ÷ 216 000 × 100 = 4,02 % net
On est passé de 5,1 % à 4,02 %. Pas une catastrophe, mais déjà une différence d’1,1 point. Sur un investissement de 200 000 €, ça représente 2 200 € de revenus annuels en moins que ce que le brut laissait entendre.
Le rendement net est l’indicateur que je regarde en premier pour décider si un bien vaut le coup. Si vous n’êtes pas certain de vos charges réelles, prenez un ratio de sécurité : comptez au minimum 15 à 20 % du loyer annuel comme charges totales pour un bien ancien.
Rendement net-net : ce qu’il vous reste après PS
Le rendement net-net, c’est le rendement net après prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.) qui s’appliquent à tous les revenus fonciers en France : 17,2 %.
Rendement net-net ≈ rendement net × (1 − 0,172)
Sur notre studio à 4,02 % net :
4,02 × 0,828 = 3,33 % net-net
On vient de perdre encore 0,7 point. Le 5,1 % brut du début s’est transformé en 3,33 % net-net réel. Soit 1 800 € de moins par an que le calcul brut le laissait entendre.
Attention, cette formule est une approximation. Le calcul officiel utilisé par l’administration dépend de votre régime fiscal :
- micro-foncier : abattement forfaitaire de 30 %, donc PS sur 70 % des loyers bruts
- régime réel : PS sur le revenu foncier net (loyers − charges déductibles réelles)
Pour choisir entre les deux, j’ai écrit un article complet sur le régime micro-foncier et quand basculer au réel. En première approche, multiplier le net par 0,828 vous donne une bonne idée de ce qui vous reste vraiment en poche, hors impôt sur le revenu.
À ces 17,2 % de PS, il faut ajouter votre impôt sur le revenu au barème progressif (selon votre TMI : 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %). Pour un bailleur dans la tranche à 30 %, le rendement final tombe encore plus bas — d’où l’intérêt de regarder aussi le cashflow et le patrimoine.
Cash-flow mensuel réel : intégrer le crédit
Les 3 rendements ci-dessus mesurent la performance intrinsèque du bien, indépendamment de la façon dont vous le financez. Mais votre compte bancaire, lui, voit le crédit passer chaque mois. C’est votre montage de prêt immobilier locatif — durée, apport, taux, assurance — qui détermine en grande partie ce cash-flow.
Le calcul du cashflow demande d’abord de calculer la mensualité de crédit avec la formule classique du prêt amortissable :
Mensualité = (capital × m) ÷ (1 − (1 + m)^−n)
Avec m = taux mensuel (taux annuel ÷ 12) et n = nombre de mois
Reprenons notre studio à 200 000 € + 16 000 € de notaire, financé avec 40 000 € d’apport et un emprunt de 176 000 € à 3,8 % sur 20 ans, plus 0,36 % d’assurance :
- mensualité capital + intérêts ≈ 1 047 €
- assurance ≈ 53 €
- mensualité totale ≈ 1 100 €
Le cashflow mensuel réel devient :
Cashflow réel = loyer net mensuel − mensualité totale
(10 200 ÷ 12) − 1 100 = 850 − 1 100 = −250 €/mois
Vous lisez bien : −250 € par mois. Et là, beaucoup de primos paniquent. Sauf que cet investissement, malgré son cashflow négatif, peut tout à fait être excellent. Pourquoi ? Parce qu’il faut regarder le 5e indicateur.
Calculez les 5 indicateurs en 30 secondes
Le simulateur de rendement Logio applique ces 5 formules pour vous, avec une section repliable « Financement » pour le cashflow réel et l'enrichissement patrimonial. Gratuit, sans inscription pour calculer.
Tester le simulateur →Enrichissement patrimonial : la photo complète
Chaque mensualité que vous payez se décompose en deux parts : les intérêts (qui partent à la banque) et le capital (qui rembourse votre emprunt). La part de capital remboursée chaque mois augmente avec le temps — c’est ce qu’on appelle l’amortissement.
Et chaque euro de capital remboursé, c’est un euro de plus dans votre patrimoine. À la fin du crédit, le bien est à vous, et vous avez remboursé l’intégralité du capital emprunté.
Enrichissement patrimonial = capital remboursé + cashflow cumulé (+ plus-value)
Sur notre cas, après 10 ans :
- capital remboursé sur le prêt ≈ 71 500 € (calculable via la formule d’amortissement)
- cashflow cumulé : −250 × 120 = −30 000 €
- enrichissement net ≈ 41 500 €, soit environ 4 150 €/an
J’ai exclu la plus-value parce qu’elle est très spéculative — personne ne peut sérieusement projeter la valeur d’un bien dans 10 ans. Mais si on prend une hypothèse prudente de +1 %/an, on ajoute encore 20 000 € d’enrichissement.
Le cashflow négatif raconte donc l’histoire de quelqu’un qui a mis 250 € de sa poche chaque mois pour rembourser un emprunt qui lui a fait construire 71 500 € de patrimoine en 10 ans. À condition de pouvoir absorber ces 250 €/mois, c’est un excellent investissement. À l’inverse, quand l’opération dégage un excédent, la question devient quoi en faire : j’ai listé les pistes dans mon article sur que faire de ses revenus locatifs et où placer ses loyers.
C’est pour ça que le cashflow seul est trompeur : il sous-estime systématiquement le patrimoine que vous construisez par mensualité.
5 erreurs qui faussent vos calculs de rentabilité
Sur 5 ans à observer des bailleurs solos, j’ai vu ces 5 erreurs revenir en boucle. Si vous les évitez, votre calcul tient la route.
1. Sous-estimer les charges récurrentes. La taxe foncière, l’assurance PNO, les charges de copro non récupérables, l’entretien… ça représente facilement 15 à 25 % des loyers bruts en moyenne. Si vous calculez avec 800 € de charges annuelles sur un studio à 10 000 € de loyer, vous ratez au moins 1 200 € par an.
2. Oublier la vacance locative. Compter 12 mois pleins par an, c’est optimiste. Une vacance moyenne sur le marché français tourne entre 5 et 8 % des loyers, plus dans les villes étudiantes en été. Calculez sur 11 mois pour rester réaliste.
3. Ignorer les frais de notaire dans le coût d’acquisition. Mettre le bien à 200 000 € au lieu de 216 000 €, c’est gonfler artificiellement le rendement de plusieurs dixièmes de point. Toujours intégrer prix + frais d’acquisition comme coût total.
4. Confondre cashflow et rendement. Un bien avec un cashflow positif peut être un mauvais investissement (si le rendement est faible et que vous ne construisez pas de patrimoine). À l’inverse, un cashflow négatif peut être excellent si le capital remboursé compense. Toujours calculer les deux.
5. Oublier la révision IRL. Le loyer ne reste pas fixe pendant 10 ans. L’IRL trimestriel permet de réviser le loyer une fois par an à la date anniversaire. Sur 10 ans, ça représente facilement 8 à 12 % d’augmentation cumulée, soit un rendement réel supérieur à la simulation initiale.
Sur le sujet des charges réelles, j’ai détaillé le calcul vrai-vrai dans gestion locative seul ou agence : le vrai calcul, qui compare le coût d’une délégation en agence avec celui de la gestion en solo. Et avant même de calculer la rentabilité, il y a des red flags à repérer sur un appartement en copropriété qui font sauter les meilleurs rendements théoriques.
Comment Logio recalcule en continu votre vraie rentabilité
Tous les calculs de cet article vous donnent une photo à l’instant T. Mais une fois propriétaire, votre rendement évolue : un mois de vacance, des travaux imprévus, une charge de copro qui augmente, un loyer révisé… La simulation initiale n’est valable que tant que les hypothèses sont vraies.
C’est pour ça qu’on a construit Logio. À chaque loyer encaissé, chaque dépense saisie, chaque révision IRL appliquée, l’app recalcule le rendement brut, net et net-net en temps réel. Sur la fiche bien, vous voyez en un coup d’œil :
- votre rendement réel mis à jour
- la dérive par rapport à votre simulation initiale (« +0,3 pt » ou « −0,5 pt »)
- votre projection patrimoniale à 10 ans avec les chiffres réels
Et si vous gérez 2 ou 3 biens, Logio vous montre directement lequel performe le mieux et où la dérive vient des charges plutôt que de la vacance. C’est ce que le seul simulateur ponctuel ne peut pas vous dire — et c’est aussi ce qui distingue un bailleur qui pilote de quelqu’un qui découvre les résultats en avril chez le comptable.
Si vous voulez vous lancer dans l’investissement locatif et que vous cherchez un retour d’expérience honnête plutôt qu’un guide technique, j’ai écrit investir en locatif : bonne idée ou pas ? avec mes propres chiffres après 2 ans à Montpellier.
Ce qu’il faut retenir
- Le rendement brut est trompeur : il ignore charges, notaire et fiscalité. Utile pour filtrer, jamais pour décider.
- Le rendement net est l’indicateur principal pour comparer plusieurs biens. Comptez 15 à 20 % des loyers en charges si vous ne les connaissez pas précisément.
- Le rendement net-net retire les PS 17,2 % et donne ce qui vous reste vraiment en poche, hors impôt sur le revenu.
- Le cashflow mensuel réel intègre le crédit (mensualité capital + intérêts + assurance). Il peut être négatif sans que l’investissement soit mauvais.
- L’enrichissement patrimonial = capital remboursé + cashflow cumulé. C’est l’indicateur qui révèle si votre investissement vous enrichit même quand votre cashflow est négatif.
- Calculez les 5 ensemble, jamais un seul. Et recalculez chaque année avec les chiffres réels — le vrai rendement n’est jamais celui de la simulation initiale.
Vous voulez faire le calcul sur votre propre bien sans ressortir Excel ? Le simulateur de rendement Logio applique ces 5 formules en 30 secondes, avec un bloc « Affiner avec votre financement » pour le cashflow réel et l’enrichissement patrimonial. Gratuit, sans engagement.
Questions fréquentes
Quelle est la formule exacte du rendement locatif brut ?
Le rendement brut, c'est (loyer mensuel × 12) ÷ prix d'achat × 100. Pour un bien acheté 200 000 € loué 850 € par mois, ça donne (850 × 12) ÷ 200 000 × 100 = 5,1 %. C'est le calcul le plus rapide, mais aussi le plus trompeur : il ignore les charges, les frais de notaire et la fiscalité. À utiliser uniquement pour filtrer rapidement plusieurs biens, jamais pour décider d'un achat.
Comment se calcule le rendement net-net ?
Le rendement net-net, c'est le rendement net après prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus fonciers. Formule : rendement net × (1 − 0,172). Sur un bien à 4 % net, ça donne 4 × 0,828 = 3,31 % net-net. Ce n'est pas le calcul officiel utilisé par l'administration fiscale, qui dépend du régime (micro-foncier ou réel) et de votre TMI. C'est une approximation utile pour comparer plusieurs biens sur une base après PS.
Qu'est-ce qu'un bon rendement locatif en 2026 ?
Cela dépend complètement de la ville. À Paris intra-muros, beaucoup de biens tournent autour de 2 à 3 % net — l'intérêt vient surtout de la plus-value. Dans les grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Nantes) on est plutôt entre 3 et 5 % net. Dans les villes moyennes ou pour de la colocation étudiante, on peut dépasser 5 à 7 % net. Un rendement très élevé doit toujours déclencher un check de la vacance locative et de l'état du marché : sinon c'est souvent une fausse bonne affaire.
Le cashflow négatif veut-il dire que mon investissement est mauvais ?
Pas forcément. Un cashflow mensuel légèrement négatif peut tout à fait être un excellent investissement si le capital remboursé chaque année compense largement. C'est ce qu'on appelle l'enrichissement patrimonial. Sur 10 ans, vous pouvez avoir un cashflow cumulé de −5 000 € mais 70 000 € de capital remboursé : votre enrichissement net est positif de 65 000 €. Le cashflow seul ne raconte qu'une partie de l'histoire.
Faut-il intégrer le crédit dans le calcul de rentabilité ?
Pour les indicateurs de rentabilité (brut, net, net-net), non : ils mesurent la performance intrinsèque du bien, indépendamment de la façon dont vous le financez. Pour le cashflow mensuel et l'enrichissement patrimonial, oui : c'est même indispensable. Un même bien peut afficher 4 % net stable, et un cashflow allant de +200 € (apport important) à −400 € (sans apport), selon votre structure de financement.
Pourquoi mon rendement réel diffère-t-il de la simulation initiale ?
Trois raisons principales. 1. Les charges réelles montent (taxe foncière qui prend 5 %, charges de copro qui grimpent, travaux imprévus). 2. La vacance locative grignote les revenus si le bien reste vide un ou deux mois. 3. L'IRL révise le loyer chaque année, ce qui peut compenser… si vous pensez à appliquer la révision. Une bonne simulation initiale fait des hypothèses prudentes, et un bon suivi recalcule la rentabilité réelle chaque mois avec les vraies données encaissées.