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« C’est au propriétaire de payer ! » « Non, c’est à toi, c’est de l’entretien ! » La répartition des travaux entre propriétaire et locataire est l’une des plus grandes sources de conflit en location. Et pour cause : la frontière entre ce qui t’incombe et ce qui revient au locataire n’est pas toujours évidente, surtout face à la vétusté et aux pannes d’équipement.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une règle claire et même une liste de référence fixée par décret. Une fois que tu la connais, la plupart des litiges se règlent en deux minutes. Dans ce guide, je te donne la répartition complète : ce que tu paies, ce que paie le locataire, et comment trancher les cas gris comme la vétusté.
Objectif : ne plus jamais payer ce qui ne te revient pas — ni réclamer à tort ce qui t’incombe.
La règle de base : entretien courant vs grosses réparations
Tout part d’un principe simple :
- Le locataire assume l’entretien courant et les menues réparations liées à l’usage quotidien.
- Le propriétaire assume les grosses réparations, la vétusté et tout ce qui touche à la décence et à la structure du logement.
C’est l’application de ton obligation de délivrer un logement décent et en bon état. Tout ce qui relève de l’usure normale, de l’ancienneté ou d’un défaut du bien revient à toi ; l’usage et les petites pannes d’entretien reviennent au locataire.
Ce que paie le propriétaire
À ta charge, en tant que bailleur :
- La toiture, les murs, la façade, l’étanchéité.
- La plomberie et l’électricité vétustes ou non conformes.
- Le remplacement des gros équipements (chaudière, chauffe-eau) usés par le temps.
- Les volets, fenêtres hors d’usage par vétusté.
- La mise aux normes et tout ce qui concerne la décence.
En somme : la structure et tout ce qui s’use avec le temps, indépendamment du locataire.
Ce que paie le locataire
À la charge du locataire, l’entretien courant et les menues réparations, dont la liste est fixée par décret :
- Remplacement des joints, ampoules, fusibles.
- Entretien des robinets, de la chaudière (entretien annuel), de la VMC.
- Débouchage des canalisations accessibles, petits raccords.
- Entretien du jardin privatif s’il y en a un.
- Réparation des dégradations qu’il a causées par négligence.
Pour des cas concrets fréquents, j’ai détaillé l’évier bouché, la moisissure et l’humidité et les réparations électriques.
Le cas gris : vétusté ou dégradation ?
C’est là que naissent la plupart des litiges, au moment de l’état des lieux de sortie. La distinction :
- Vétusté = usure normale liée au temps et à un usage conforme (peinture ternie, moquette défraîchie après des années). À ta charge.
- Dégradation = dommage anormal causé par le locataire (trou, brûlure, casse, défaut d’entretien manifeste). À sa charge.
La comparaison entre l’état des lieux d’entrée et de sortie sert exactement à faire ce tri. Une grille de vétusté annexée au bail permet d’objectiver les choses et d’éviter les disputes. Ne confonds pas non plus ces travaux avec les charges récupérables sur le locataire, qui obéissent à une autre logique.
Le jour du litige, sors la preuve en 2 secondes
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Travaux du locataire : ce qu’il peut faire (ou pas)
Le locataire peut réaliser des aménagements légers (peinture, petits trous) sans ton accord, tant qu’il ne transforme pas le logement. En revanche, des travaux importants (abattre une cloison, modifier l’installation électrique) exigent ton accord écrit préalable.
Sans accord, tu peux exiger la remise en état au départ, ou conserver les améliorations sans indemnité. Le réflexe : tout encadrer par écrit. Un simple échange de mails clair t’évite un litige au moment de l’état des lieux de sortie.
En cas de désaccord
Quand le ton monte, la méthode :
- Dialogue écrit : pose la règle (vétusté/dégradation, entretien/grosse réparation), appuie-toi sur le décret et l’état des lieux.
- Commission de conciliation : gratuite, elle peut être saisie en cas de blocage.
- Juge : en dernier recours.
Garde toujours une trace : devis, photos, états des lieux, échanges. Rester factuel et documenté est ta meilleure arme — bien plus efficace que le bras de fer.
Ce qu’il faut retenir
- Règle d’or : entretien courant et menues réparations pour le locataire, grosses réparations, vétusté et décence pour le propriétaire.
- La liste des réparations locatives est fixée par décret : joints, ampoules, entretien chaudière, débouchage…
- Vétusté (usure normale) = bailleur ; dégradation (dommage anormal) = locataire.
- L’état des lieux d’entrée/sortie et une grille de vétusté tranchent les cas gris.
- Les travaux importants du locataire exigent ton accord écrit.
- En cas de blocage : conciliation gratuite puis juge, toujours avec des preuves.
La répartition des travaux n’a rien d’un casse-tête une fois la règle connue : usage au locataire, structure et usure au propriétaire. Documente chaque intervention, et tu trancheras chaque litige en deux minutes. Tu peux d’ailleurs centraliser tes documents gratuitement avec Logio pour avoir factures et états des lieux toujours à portée de main.
Questions fréquentes
Quels travaux sont à la charge du propriétaire ?
Le propriétaire prend en charge les grosses réparations et tout ce qui touche à la structure, à la vétusté et à la décence du logement : toiture, murs, plomberie et électricité vétustes, chaudière (remplacement), volets hors d'usage par l'âge, mise aux normes, etc. C'est la règle de l'obligation de délivrance d'un logement décent et en bon état. En résumé, tout ce qui relève de l'usure normale, de l'ancienneté ou d'un défaut du bien revient au bailleur, pas au locataire.
Quels travaux sont à la charge du locataire ?
Le locataire assume l'entretien courant et les menues réparations, dont la liste est fixée par décret : remplacement des joints, des ampoules, entretien des robinets et de la chaudière (entretien annuel), débouchage, petits raccords, entretien du jardin privatif, etc. Il doit aussi réparer les dégradations qu'il a causées par négligence ou mauvais usage. En clair : l'usage quotidien et les petites pannes d'entretien sont pour lui ; l'usure structurelle est pour toi.
Comment fait-on la différence entre vétusté et dégradation ?
La vétusté est l'usure normale liée au temps et à un usage conforme (une moquette défraîchie après dix ans, une peinture ternie) : elle est à la charge du propriétaire. La dégradation est un dommage anormal causé par le locataire (un trou dans une porte, une brûlure sur un plan de travail, un défaut d'entretien manifeste) : elle est à sa charge. La comparaison entre l'état des lieux d'entrée et de sortie sert précisément à faire ce tri. Une grille de vétusté annexée au bail aide à objectiver les choses.
Le locataire peut-il faire des travaux dans le logement ?
Il peut réaliser des aménagements légers (peinture, petits trous pour accrocher) sans ton accord, à condition de ne pas transformer le logement. En revanche, des travaux importants (abattre une cloison, modifier l'installation) nécessitent ton accord écrit préalable. Sans accord, tu peux exiger la remise en état au départ, ou conserver les améliorations sans indemnité. Encadre toujours par écrit : un échange de mails clair évite les litiges au moment de l'état des lieux de sortie.
Qui paie en cas de panne de chaudière ou d'équipement ?
Cela dépend de la cause. L'entretien annuel de la chaudière est à la charge du locataire, mais le remplacement d'une chaudière en panne par vétusté revient au propriétaire. Même logique pour les autres équipements : l'entretien courant au locataire, la réparation lourde ou le remplacement pour vétusté au bailleur. Si la panne résulte d'un défaut d'entretien du locataire (chaudière jamais entretenue), il peut en revanche supporter la réparation. D'où l'importance de conserver les justificatifs d'entretien.
Que faire en cas de désaccord sur les travaux ?
D'abord, le dialogue écrit : pose la règle (vétusté/dégradation, entretien/grosse réparation) en t'appuyant sur le décret et l'état des lieux. Si le blocage persiste, tu peux saisir gratuitement la commission départementale de conciliation, puis en dernier recours le juge. Garde toujours une trace : devis, photos, états des lieux, échanges. Pour les petits litiges récurrents (évier bouché, humidité), des guides dédiés existent ; le réflexe gagnant reste de documenter et de rester factuel plutôt que d'entrer dans le bras de fer.