Réglementation

MaPrimeRénov' bailleur : conditions, engagement de location et pièges

Un bailleur peut toucher MaPrimeRénov' pour un logement loué, à condition de le louer 6 ans. Barème septembre 2026, revenus qui comptent, cumuls (CEE, éco-PTZ) et erreurs qui font perdre l'aide.

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Ce que votre DPE vous coûte, et ce que la rénovation peut rapporter

Sur la fiche du bien, Logio lit la classe DPE et la surface pour situer le calendrier d'interdiction, l'ordre de grandeur du chantier et la part que les aides peuvent couvrir. Le simulateur officiel fait le reste.

Bail, locataire, révision de loyer et équipements du bien.

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Un bailleur de ma copropriété m’a raconté avoir renoncé à MaPrimeRénov’ parce qu’il croyait que l’aide était réservée aux propriétaires occupants. Son T3 est classé F. Il a jusqu’en 2028 pour le sortir de là, ou pour cesser de le louer. L’aide existait, il y avait droit, il ne l’a pas demandée.

MaPrimeRénov’ est ouverte aux propriétaires bailleurs depuis juillet 2021, avec un parcours qui n’est pas tout à fait celui des occupants : les revenus qui comptent sont les vôtres, pas ceux du locataire ; l’engagement porte sur la location pendant 6 ans ; et quelques règles propres à la location font perdre l’aide quand on les ignore. Le dispositif a été resserré au 1er septembre 2026 (guide des aides financières 2026 de l’Anah, édition septembre) : voici le parcours bailleur tel qu’il existe aujourd’hui, ce qui se cumule autour, et les pièges dans l’ordre où on les rencontre.

Ce que le bailleur doit promettre

La condition de fond est la même pour tout le monde : un logement achevé depuis plus de 15 ans, occupé comme résidence principale (au moins 8 mois par an). Pour un bailleur, c’est la résidence principale du locataire qui compte, ce qui exclut la location saisonnière et le meublé de tourisme.

S’y ajoutent des engagements propres à la location, pris sur l’honneur au moment de la demande :

  • louer le logement comme résidence principale pendant au moins 6 ans, l’engagement courant à partir de la demande de solde de l’aide ; si le logement est vacant pendant les travaux, il doit être loué dans l’année qui suit. Louer à un ascendant ou un descendant est admis ;
  • informer le locataire de la réalisation de travaux financés par MaPrimeRénov’ ;
  • ne pas répercuter l’aide sur le loyer : en cas de réévaluation du loyer justifiée par les travaux, le montant de la prime est déduit du montant des travaux pris en compte, et le locataire en est informé ;
  • ne pas dépasser trois logements aidés par bailleur.

Si l’engagement n’est pas tenu (vente, reprise pour y habiter, vacance prolongée), l’aide est remboursable à raison d’un sixième par année non louée. Rien n’interdit de vendre dans les six ans ; il faut juste intégrer le remboursement dans le calcul.

Une exclusion à connaître : les personnes morales ne sont pas éligibles. Un bien détenu en SCI ne peut pas demander MaPrimeRénov’, sauf le cas de l’associé qui occupe lui-même le logement ; les CEE restent accessibles à la société.

Ce que MaPrimeRénov’ n’impose pas au bailleur, contrairement à une idée répandue : aucun plafond de loyer, aucune condition de ressources du locataire. Ces contraintes-là appartiennent à Loc’Avantages, un autre dispositif de l’Anah qui offre une réduction d’impôt contre un loyer modéré, et qui peut se cumuler avec MaPrimeRénov’ si le montage vous intéresse.

Les revenus qui comptent sont les vôtres

MaPrimeRénov’ module l’aide selon quatre catégories de revenus (très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs), calculées sur le revenu fiscal de référence du demandeur et la composition de son foyer, avec des barèmes distincts pour l’Île-de-France et le reste du pays.

Pour un bailleur, c’est donc votre revenu fiscal qui classe le dossier, pas celui du locataire, et pas le loyer du logement. Repères 2026 hors Île-de-France, pour une personne seule : très modestes jusqu’à 17 363 €, modestes jusqu’à 22 259 €, intermédiaires jusqu’à 31 185 €, supérieurs au-delà (les plafonds montent avec la taille du foyer et sont plus hauts en Île-de-France). Un bailleur aux revenus intermédiaires ou supérieurs, ce qui est le cas de beaucoup de propriétaires d’un ou deux biens, obtient les taux les plus bas, et depuis septembre 2026 le taux « supérieurs » n’est plus que de 10 % en rénovation d’ampleur. Ce n’est pas forcément une raison de renoncer : l’accompagnement, l’audit et le reste à charge financé par l’éco-PTZ gardent leur intérêt, mais le calcul doit se faire sans illusion sur la part subventionnée.

Un point utile pour les couples : le revenu fiscal de référence est celui du foyer fiscal du demandeur, et l’aide est demandée par un seul propriétaire, y compris en indivision (avec l’accord des autres indivisaires).

Deux parcours, et depuis septembre 2026 un seul pour la plupart des bailleurs

Le parcours par geste a été recentré au 1er septembre 2026 sur l’installation d’un chauffage décarboné : pompe à chaleur air/eau, géothermique ou solarothermique, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul, et l’audit énergétique qui accompagne un de ces gestes. L’isolation, les fenêtres, la ventilation et les autres systèmes de chauffage ne sont plus financés par MaPrimeRénov’ en geste isolé ; ils restent finançables par les CEE. Ce parcours est réservé aux revenus très modestes, modestes et intermédiaires : un bailleur aux revenus supérieurs n’y a plus accès.

Le parcours accompagné finance une rénovation d’ampleur d’un logement classé E, F ou G avant travaux, avec un gain d’au moins deux classes sur l’audit énergétique, deux gestes d’isolation obligatoires (toiture, murs, sols ou menuiseries), un rendez-vous préalable avec un conseiller France Rénov’ et l’accompagnement obligatoire d’un Mon Accompagnateur Rénov’ agréé, qui monte le dossier avec vous. En maison individuelle, le projet ne peut plus conserver ni installer un chauffage au gaz ou au fioul. Un logement classé D ou mieux n’y a pas droit.

Le barème en vigueur depuis le 1er septembre 2026 (guide des aides financières 2026, Anah) :

Plafond de travaux éligibles HTTrès modestesModestesIntermédiairesSupérieurs
Gain de 2 classes30 000 €80 %60 %45 %10 %
Gain de 3 classes ou plus40 000 €80 %60 %45 %10 %
Écrêtement (total des aides, en % du TTC)100 %90 %80 %50 %

Le bonus de sortie de passoire a disparu, et les anciens plafonds de 55 000 et 70 000 € aussi. La prestation de l’accompagnateur est prise en charge à part, jusqu’à 2 000 € TTC, à 100 % pour les très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les supérieurs.

Lecture bailleur : pour un propriétaire aux revenus intermédiaires, une rénovation de 40 000 € HT gagnant trois classes est subventionnée 18 000 € ; aux revenus supérieurs, 4 000 €. L’essentiel du financement passe alors par l’éco-PTZ et la déduction fiscale, pas par la prime.

Le choix se fait sur le DPE et l’échéance :

SituationCe qui est ouvert
Logement G : interdit à la location depuis 2025Parcours accompagné, pour sortir en D ou mieux
Logement F : interdit en 2028Parcours accompagné, avec l’audit pour cibler les deux classes
Logement E : interdit en 2034Parcours accompagné si l’audit montre un chantier cohérent ; sinon CEE sur le poste le plus rentable
Logement D ou mieuxPas de rénovation d’ampleur aidée ; parcours par geste pour une pompe à chaleur (hors revenus supérieurs), CEE pour le reste

Avant de lancer un audit, une vérification gratuite : si le bien est chauffé à l’électricité, le nouveau calcul du DPE de 2026 l’a peut-être déjà fait remonter d’une classe. Le chantier à financer n’est alors plus le même, et un E devenu D sort du parcours accompagné.

Ce que votre DPE vous coûte, lu sur la fiche du bien

Logio lit la classe DPE et la surface de chaque bien pour situer l'échéance d'interdiction, l'ordre de grandeur du chantier et la part que les aides peuvent couvrir. De quoi décider si l'audit vaut le coup avant d'appeler un accompagnateur.

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Ce qui se cumule autour de la prime

MaPrimeRénov’ est rarement seule dans le plan de financement d’un bailleur.

Les CEE. Les primes des fournisseurs d’énergie (certificats d’économies d’énergie) sont ouvertes aux bailleurs, sans condition de revenus, et sont devenues depuis septembre 2026 le financement des gestes isolés que MaPrimeRénov’ ne couvre plus : isolation des combles ou des murs, fenêtres, ventilation. Elles se demandent auprès d’un fournisseur ou d’un délégataire avant de signer le devis, c’est leur règle propre. Dans le parcours accompagné, elles sont prises en compte par l’Anah dans le calcul de l’aide, vous n’avez rien à demander à part.

L’éco-PTZ. Un prêt sans intérêts, sans condition de ressources, ouvert aux bailleurs, jusqu’à 30 000 € par geste et 50 000 € pour une rénovation globale, remboursable sur 20 ans dans ce cas. Il finance précisément le reste à charge après MaPrimeRénov’ : l’éco-PTZ MaPrimeRénov’ s’appuie sur la notification d’octroi de l’Anah pour éviter de refaire instruire les travaux par la banque, à demander dans les 6 mois suivant l’octroi de la prime. L’engagement de louer vaut aussi ici : dans les six mois suivant la clôture du prêt.

La TVA à 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique des logements de plus de deux ans, appliquée directement par l’artisan.

Le régime réel des revenus fonciers. Les travaux d’amélioration sont déductibles de vos loyers, et l’excédent crée un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an, le reste se reportant sur dix ans. Une subvention perçue se déclare avec vos recettes foncières ; le montant des travaux, lui, reste déductible en totalité. Nous détaillons le mécanisme dans travaux déductibles et déficit foncier. Un plafond doublé a existé pour les rénovations sortant un logement du statut de passoire ; vérifiez sa fenêtre d’application avant d’en tenir compte.

Additionnés sur un chantier de sortie de passoire, prime, éco-PTZ et déduction fiscale changent l’équation, même avec un taux de 10 % : un bien classé F qui perdait de la valeur et du loyer redevient un bien louable, mieux valorisé à la revente, avec un reste à charge étalé sans intérêts.

Les pièges dans l’ordre où on les rencontre

  1. Commencer les travaux avant d’avoir déposé la demande. La demande MaPrimeRénov’ se dépose avant le début des travaux ; un chantier commencé n’est plus finançable. Pour les CEE, c’est plus strict encore : l’accord du fournisseur précède la signature du devis.
  2. Un artisan sans qualification RGE. Aucune aide sans entreprise Reconnue Garant de l’Environnement pour les travaux concernés. Vérifiez l’annuaire officiel de France Rénov’ avant de signer, pas après.
  3. Une maison individuelle qui garde sa chaudière gaz. Depuis le 1er septembre 2026, le projet de rénovation d’ampleur doit aboutir à un chauffage et une eau chaude décarbonés ; conserver ou remplacer une chaudière gaz fait tomber l’aide.
  4. Sauter l’accompagnateur, ou le rendez-vous France Rénov’. Dans le parcours accompagné, le rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ précède le dépôt, et Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire : c’est lui qui dépose le dossier. Le choisir tôt évite de refaire l’audit.
  5. Oublier d’informer le locataire. C’est une condition de l’aide, et c’est aussi ce qui rend les travaux acceptables : un locataire prévenu par écrit de la nature et de la durée des travaux doit les laisser exécuter (article 7 e de la loi de 1989). Au-delà de 21 jours de travaux, il a droit à une baisse de loyer proportionnelle.
  6. Reporter l’aide sur le loyer. Interdit pendant l’engagement. Une hausse au changement de locataire reste possible, dans les limites habituelles, mais la prime doit en être déduite. Et pour un logement encore classé F ou G au moment du bail, aucune hausse n’est possible de toute façon : le loyer est gelé tant que la classe n’a pas changé.
  7. Vendre ou reprendre dans les six ans sans avoir prévu le remboursement. Un sixième par année non louée : proportionnel, pas total, mais il existe.
  8. Ne pas garder les preuves. Bail, quittances, déclaration de revenus fonciers : l’Anah peut les demander pendant toute la durée de l’engagement. Un dossier par bien, avec les factures et la notification d’aide, règle la question.

Un dernier réflexe, à la livraison : faites refaire le DPE une fois les travaux terminés. C’est lui qui prouve la sortie de passoire, qui débloque le droit de réviser le loyer, et qui compte pour la valeur du bien, un sujet que nous chiffrons région par région dans ce que le DPE vaut à la revente.

Ce qu’il faut retenir

  • MaPrimeRénov’ est ouverte aux bailleurs pour un logement de plus de 15 ans loué comme résidence principale, jusqu’à trois logements.
  • Engagements : louer 6 ans après le solde, informer le locataire, ne pas répercuter l’aide sur le loyer ; remboursement au prorata si l’engagement casse.
  • Les revenus qui comptent sont ceux du bailleur, pas ceux du locataire ; aucun plafond de loyer n’est imposé ; les SCI ne sont pas éligibles.
  • Depuis le 1er septembre 2026 : par geste = pompe à chaleur seulement (revenus supérieurs exclus) ; accompagné = logements E, F, G, gain de 2 classes, 2 gestes d’isolation, 30 000 ou 40 000 € HT de travaux à 80 / 60 / 45 / 10 % selon les revenus, sans bonus passoire.
  • Se cumulent : CEE (devenus le financement de l’isolation seule), éco-PTZ jusqu’à 50 000 € sur 20 ans, TVA 5,5 %, déduction des travaux au régime réel.
  • Déposer la demande avant les travaux, artisan RGE, chauffage décarboné en maison, locataire informé par écrit, DPE refait à la fin.

Une rénovation aidée bien montée transforme un bien menacé d’interdiction en bien louable pour dix ans. Sur Logio, la fiche de chaque bien situe la classe DPE face au calendrier d’interdiction et met un ordre de grandeur sur le chantier et les aides, gratuitement, pour décider avant d’appeler un accompagnateur.

Questions fréquentes

Un propriétaire bailleur a-t-il droit à MaPrimeRénov' ?

Oui, depuis juillet 2021, pour un logement de plus de 15 ans loué comme résidence principale du locataire. Le parcours accompagné (rénovation d'ampleur d'un logement E, F ou G) lui est ouvert quels que soient ses revenus ; le parcours par geste, recentré depuis septembre 2026 sur les pompes à chaleur, exclut les revenus supérieurs. Dans la limite de trois logements loués. La contrepartie : s'engager à louer le logement pendant au moins 6 ans après le versement de l'aide, informer le locataire des travaux financés et ne pas répercuter la prime dans une hausse de loyer.

Ce sont les revenus du bailleur ou du locataire qui comptent ?

Ceux du bailleur. MaPrimeRénov' classe le demandeur en quatre catégories (très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs) d'après son revenu fiscal de référence et la composition de son foyer. Un bailleur aux revenus supérieurs a donc le taux le plus bas (10 % en rénovation d'ampleur depuis septembre 2026) et n'a plus accès au parcours par geste, quels que soient les revenus de son locataire. Les revenus du locataire ne jouent que pour Loc'Avantages, un autre dispositif de l'Anah, cumulable.

Peut-on toucher MaPrimeRénov' pour un logement vacant ?

Oui. Le logement n'a pas besoin d'être occupé pendant les travaux. L'engagement porte sur l'après : le mettre en location comme résidence principale dans l'année qui suit la demande de solde, puis le louer pendant 6 ans. C'est le cas typique du logement classé G, interdit à la location depuis 2025, qu'on rénove entre deux baux pour le remettre sur le marché.

Que se passe-t-il si je vends avant la fin des 6 ans ?

L'aide est remboursable au prorata : un sixième de l'aide perçue par année non louée. Idem si vous reprenez le logement pour l'occuper ou le laissez vacant. L'Anah peut contrôler (bail, quittances, déclaration de revenus fonciers) pendant toute la durée de l'engagement. Si un projet de vente est possible dans les six ans, intégrez ce remboursement dans le calcul avant de vous lancer.

Peut-on faire les travaux avec le locataire dans les lieux ?

Oui. Le locataire doit laisser exécuter les travaux d'amélioration de la performance énergétique (article 7 e de la loi du 6 juillet 1989), à condition d'être prévenu par écrit de leur nature et de leur durée. Au-delà de 21 jours de travaux, il a droit à une baisse de loyer proportionnelle à la durée et à la partie du logement rendue inutilisable. Une rénovation d'ampleur (isolation par l'intérieur, changement de système de chauffage) se planifie donc de préférence entre deux locataires.

MaPrimeRénov' est-elle cumulable avec l'éco-PTZ et les CEE ?

Oui, les trois se cumulent. L'éco-PTZ finance le reste à charge sans intérêts, jusqu'à 50 000 € sur 20 ans pour une rénovation globale, sans condition de ressources et ouvert aux bailleurs. Les CEE (primes des fournisseurs d'énergie) restent le financement des gestes isolés que MaPrimeRénov' ne couvre plus depuis septembre 2026 (isolation, fenêtres, ventilation) et sont pris en compte par l'Anah dans le parcours accompagné. S'y ajoutent la TVA à 5,5 % sur les travaux et, au régime réel, la déduction des travaux de vos revenus fonciers.

Pour aller plus loin

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