L'état des risques à portée de clic sur la fiche du bien
Sur chaque bien, Logio affiche les données publiques de l'adresse (ADEME, Géorisques, IGN) et un lien pré-rempli vers l'état des risques à annexer au bail. Vous le régénérez en quelques minutes à chaque relocation.
Bail, locataire, révision de loyer et équipements du bien.
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Il y a un document, dans le dossier de location, que presque tous les bailleurs annexent périmé. Pas par négligence : parce qu’il se présente comme un diagnostic, qu’on le range avec les autres, et que les autres valent six ou dix ans. Lui vaut six mois. Entre deux locataires, il est donc quasiment toujours à refaire, et personne ne le sait avant que le juge ne le demande.
C’est l’état des risques, que tout le monde appelle encore ERP. Il ne demande ni diagnostiqueur ni visite, il se génère gratuitement en ligne, et c’est pourtant le seul document du dossier dont l’absence permet au locataire d’obtenir la résolution du bail. Voici ce qu’il contient, quand il se remet, et comment ne plus jamais le laisser expirer.
ERNMT, ESRIS, ERP, état des risques : le même document, quatre noms
Le document s’est appelé ERNT, puis ERNMT, puis ESRIS, puis ERP (état des risques et pollutions). Depuis la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, son nom légal est simplement « état des risques ». Les modèles, les agences et les habitudes ont gardé « ERP » : si vous cherchez un texte ou un formulaire, sachez que les deux désignent la même chose.
Son objet n’a pas changé : informer le locataire (ou l’acquéreur) des risques auxquels le bien est exposé, tels que les documents publics les connaissent. Ce n’est pas une expertise du bâtiment. Le bailleur ne certifie pas que la maison ne sera pas inondée ; il transmet ce que la commune et l’État ont cartographié.
Quand le document est obligatoire
L’obligation n’est pas universelle par principe : elle dépend d’un zonage. L’article R.125-23 du code de l’environnement rend l’état des risques obligatoire lorsque le bien est situé :
- dans le périmètre d’un plan de prévention des risques technologiques, naturels ou miniers approuvé ;
- dans le périmètre d’un plan de prévention seulement prescrit, c’est-à-dire à l’étude, pas encore approuvé (c’est la cause la plus fréquente d’oubli) ;
- dans une zone de sismicité 2, 3, 4 ou 5 (la zone 1, très faible, ne déclenche rien) ;
- dans une zone à potentiel radon de niveau 3 ;
- dans une zone exposée au recul du trait de côte ;
- dans une zone soumise à des obligations légales de débroussaillement.
Ces deux derniers cas sont récents et beaucoup de modèles en circulation ne les portent pas. Résultat pratique : entre la sismicité (tout le sud-est, les Pyrénées, les Alpes, une bonne partie du grand Ouest sont en zone 2 ou plus), le radon (Massif central, Bretagne, Vosges, Corse) et les plans d’inondation, la quasi-totalité des communes françaises relève d’au moins un zonage. Vérifiez la vôtre sur Géorisques avant de conclure que vous êtes dispensé ; vous ne l’êtes probablement pas.
Une obligation s’ajoute, indépendante du zonage : si le bien a subi un sinistre indemnisé au titre des catastrophes naturelles ou technologiques pendant que vous en étiez propriétaire (ou dont vous avez été informé à l’achat), vous devez le mentionner dans l’état des risques.
Ce que l’état des risques contient
Trois mentions figurent toujours : la date d’élaboration, le numéro de parcelle cadastrale et les zonages dans lesquels le bien se situe. La parcelle, pas seulement l’adresse : c’est pourquoi le document se refait quand la référence cadastrale change.
Puis, selon la situation du bien (article R.125-24) :
| Situation | Contenu |
|---|---|
| Plan de prévention des risques | Extrait de la carte de zonage situant le bien, extrait du règlement, indication des travaux prescrits et de leur réalisation |
| Sismicité (zones 2 à 5) | Fiche d’information Géorisques |
| Radon (niveau 3) | Fiche d’information Géorisques |
| Recul du trait de côte | Horizon d’exposition, prescriptions applicables |
| Sinistres passés | Liste des arrêtés de catastrophe naturelle ayant affecté le bien et donné lieu à indemnisation |
| Débroussaillement | Fiche d’information si la commune est concernée |
Depuis le 1er janvier 2025, le modèle inclut aussi un volet sécheresse : un propriétaire indemnisé pour des fissures liées au retrait-gonflement des argiles, qui n’a pas réalisé les travaux préconisés, doit en joindre la liste. Cette obligation vise la vente, mais elle dit quelque chose d’utile au bailleur : les fissures d’argile ne se cachent pas, elles se documentent.
Le calendrier : première visite, bail, chaque locataire
C’est ici que l’état des risques se distingue de tous les autres diagnostics. Il n’attend pas la signature.
- Dans l’annonce. Toute annonce de location d’un bien concerné doit indiquer le moyen d’accéder aux informations sur les risques. La formule usuelle : « Les informations sur les risques auxquels ce bien est exposé sont disponibles sur le site Géorisques : www.georisques.gouv.fr ».
- Dès la première visite. L’état des risques est remis au candidat locataire lors de la première visite, si une visite a lieu. Il doit donc exister avant que vous ne fassiez visiter, pas la veille de la signature.
- À la signature du bail, il est annexé au contrat avec le reste du dossier de diagnostic technique.
- À chaque changement de locataire, le dossier est complété par un nouvel état des risques. Et au renouvellement formel du bail, le dossier est de nouveau annexé.
Croisez ce calendrier avec la validité de six mois et la conclusion s’impose : sauf rotation très rapide, l’état des risques du bail précédent est périmé à la relocation. Il fait partie des deux ou trois choses à refaire systématiquement, avec la vérification de la date du DPE.
Les risques de l'adresse, lus sur la fiche du bien
Logio affiche pour chaque bien les données publiques de son adresse et un lien pré-rempli vers l'état des risques à annexer au bail. À la relocation, vous le régénérez en quelques minutes et vous le rangez avec le bail, daté.
100% gratuit • Sans engagement • Données hébergées dans l'Union européenne.
Comment l’obtenir gratuitement en dix minutes
Pas besoin de diagnostiqueur. Le service public ERRIAL (état des risques réglementés pour l’information des acquéreurs et des locataires), accessible depuis georisques.gouv.fr, fait l’essentiel :
- Saisissez l’adresse du bien ; le service retrouve la parcelle et les zonages applicables.
- Il assemble le document : zonages, extraits de cartes, fiches sismicité et radon si nécessaire, liste des arrêtés de catastrophe naturelle de la commune.
- Vous complétez la partie déclarative : sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles pendant votre période de propriété, travaux prescrits par un plan de prévention et leur réalisation.
- Vous datez et signez, le locataire aussi à la signature du bail. La date d’élaboration fait courir les six mois.
- Vous l’annexez au bail en PDF et vous en gardez une copie datée.
Si vous préférez déléguer, tout diagnostiqueur l’inclut dans son pack de mise en location pour 20 à 40 €. Le contenu est le même ; ce que vous achetez, c’est de ne pas y penser.
Un détail qui compte : l’état des risques se fonde sur la parcelle. Pour un appartement, c’est celle de l’immeuble. Si le bien comprend un garage ou une cave sur une autre parcelle, vérifiez que le document les couvre.
Ce que vous risquez sans lui
Le régime est plus sévère que pour n’importe quel autre diagnostic locatif. L’article L.125-5 du code de l’environnement le dit en une phrase : à défaut d’état des risques, le locataire peut poursuivre la résolution du contrat ou demander au juge une diminution du prix.
Trois situations concrètes :
- Le locataire découvre après la signature que le bien est en zone inondable et que rien ne lui a été remis : il peut demander la résolution du bail, sans avoir à prouver un préjudice particulier. Le juge apprécie, mais la porte est ouverte.
- Un sinistre survient (inondation, mouvement de terrain) et le locataire n’avait pas été informé du risque : au-delà du bail, la question de votre responsabilité se pose face à l’assureur et au juge, et le document manquant ne joue pas en votre faveur.
- Le document existe mais est périmé de trois ans : juridiquement, c’est comme s’il n’existait pas. Un état des risques daté du bail précédent ne protège personne.
Rapportez cela au coût : zéro euro et dix minutes. Aucune autre obligation du bailleur n’a un rapport risque/effort aussi déséquilibré. Elle rejoint, dans le calendrier des obligations du bailleur, la courte liste des gestes à caler sur chaque relocation.
Le réflexe à installer
Trois gestes, et le sujet disparaît :
- À la réception du préavis du locataire sortant, générez l’état des risques en même temps que vous vérifiez les dates des autres diagnostics. Il sera valide pour les visites et la signature, sauf vacance de plus de six mois, auquel cas vous le refaites.
- Datez tout. La date d’élaboration en tête du document, la date de remise au candidat, la signature au bail. En cas de litige, c’est la chronologie qui vous protège.
- Rangez-le avec le bail, pas dans le dossier des diagnostics « longue durée ». C’est un document de relocation, pas un document du bien.
Si vous achetez, le même réflexe vaut à l’envers : l’état des risques remis par le vendeur vous renseigne sur ce que vous allez devoir dire à vos locataires, et il figure dans la liste des documents à vérifier avant un compromis. Un arrêté de catastrophe naturelle dans l’historique de la parcelle n’est pas un motif de fuite, mais c’est un élément de négociation, et une information que vous devrez transmettre à votre tour.
Ce qu’il faut retenir
- L’état des risques (ex-ERP) est dû dès qu’un zonage s’applique à la commune : plan de prévention approuvé ou prescrit, sismicité 2 à 5, radon 3, trait de côte, débroussaillement. Presque toutes les communes sont concernées.
- Validité : 6 mois à compter de la date d’élaboration. Entre deux locataires, il est presque toujours à refaire.
- Il se remet dès la première visite, s’annexe au bail, et se complète à chaque changement de locataire ; l’annonce doit renvoyer vers Géorisques.
- Il se génère gratuitement sur Géorisques (service ERRIAL) en dix minutes ; la partie déclarative (sinistres indemnisés CatNat) reste à votre main.
- Sans lui, le locataire peut obtenir la résolution du bail ou une baisse de loyer.
- Rangez-le avec le bail, daté, et refaites-le à chaque relocation sans vous poser la question.
C’est une obligation qui ne mérite pas plus de dix minutes d’attention par bail, à condition d’y penser au bon moment. Sur Logio, la fiche de chaque bien affiche les données publiques de l’adresse et le lien pré-rempli vers l’état des risques : à la relocation, vous le régénérez, vous le rangez avec le bail, et la date est sous vos yeux.
Questions fréquentes
L'état des risques est-il obligatoire pour toutes les locations ?
Presque. L'obligation dépend d'un zonage : plan de prévention des risques (naturels, miniers, technologiques) approuvé ou même seulement prescrit, zone de sismicité 2 à 5, potentiel radon de niveau 3, recul du trait de côte, obligations de débroussaillement. En pratique, la quasi-totalité des communes relève d'au moins un zonage. Vérifiez la vôtre sur Géorisques : si un zonage s'applique, le document est dû pour toute location, vide, meublée ou saisonnière.
Combien de temps un état des risques est-il valable ?
Six mois à compter de sa date d'élaboration, la mention qui figure en tête du document. C'est la durée la plus courte de tout le dossier de diagnostic technique. Concrètement, un état des risques établi pour le bail précédent est presque toujours périmé le jour de la relocation suivante : il faut en générer un nouveau, ce qui prend quelques minutes et ne coûte rien.
Faut-il refaire l'état des risques au renouvellement du bail avec le même locataire ?
La loi prévoit que le dossier de diagnostic technique est annexé au bail lors de sa signature ou de son renouvellement, et que l'état des risques est complété à chaque changement de locataire. Un renouvellement formel (nouveau contrat ou avenant de renouvellement) appelle donc un état des risques à jour. La simple reconduction tacite n'entraîne pas de nouvelle remise. Au moindre doute, le document est gratuit : refaites-le.
Peut-on faire l'état des risques soi-même ?
Oui, et c'est le cas le plus simple. Le service public ERRIAL, sur georisques.gouv.fr, génère le document à partir de l'adresse : zonages applicables, fiches sismicité ou radon, arrêtés de catastrophe naturelle. Il vous reste à compléter la partie déclarative (sinistres indemnisés pendant que vous étiez propriétaire), à dater et signer. Un diagnostiqueur peut l'inclure dans son pack pour 20 à 40 €, mais rien ne l'impose.
Que se passe-t-il si le locataire n'a pas reçu d'état des risques ?
C'est le document dont l'absence est la plus lourdement sanctionnée : le locataire peut poursuivre la résolution du bail ou demander au juge une diminution du loyer (article L.125-5 du code de l'environnement). En cas de sinistre, l'absence d'information pèsera aussi dans l'appréciation de votre responsabilité. Pour un document gratuit qui se fait en dix minutes, le rapport risque/effort est le plus déséquilibré de tout le dossier.
Dois-je déclarer un dégât des eaux ou une inondation passée ?
Si le sinistre a été indemnisé au titre des catastrophes naturelles ou technologiques (arrêté CatNat) pendant que vous étiez propriétaire, ou si vous en avez été informé lors de votre achat, oui : l'information figure dans l'état des risques, et cette obligation s'applique même hors zonage. Un dégât des eaux ordinaire, réglé par l'assurance habitation classique, n'entre pas dans ce cadre.